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Arcachon, une baie sous haute protection

Publié le 26/06/2022

Dans le Bassin d'Arcachon, tout un collectif d'acteurs publics et privés agit au quotidien pour l'eau. Une communauté d'intérêts - économiques, écologiques et sanitaires - dont le plus prégnant est de préserver la biodiversité et l'équilibre microbiologique du Bassin, autour duquel tournent toutes les activités humaines dans cette région.

Un espace hautement sensible à protéger

Vidéo « Arcachon, une baie sous haute protection »

Vidéo « Le réseau de surveillance REMPAR »

Zone d’intérêts multiples

Conchyliculture - le Bassin d'Arcachon est l’une des premières régions ostréicoles de France avec 328 exploitations domiciliées sur son territoire, et une production annuelle estimée entre 8 000 et 10 000 tonnes -, mais aussi pêche, tourisme, loisirs nautiques, baignade... Toutes ces activités sont bien évidemment intrinsèquement dépendantes - à différents niveaux d'intensité - au bon état des eaux dans la lagune. Entre ces différents secteurs et leurs représentants, le principe d'une protection accrue de la ressource en eau n'a donc pas été difficile à acter, tant les intérêts économiques et environnementaux sont ici enchevêtrés. Et tant la géographie de la zone - à laquelle est directement liée sa sa sensibilité aux pollutions - commande une réponse à la hauteur des enjeux qui se posent. L'objectif est clair : 0 rejet dans le Bassin d'Arcachon. Ni les eaux usées puis traitées, rejetées plus loin dans l'Atlantique via des émissaires de rejet en mer ou dans des zones de rejets végétalisées à l'intérieur des terres. Ni les eaux pluviales infiltrées in situ directement dans le sol.

Géographie typique

Quasiment fermée à l'Ouest par la Pointe du Cap-Ferret, le Bassin d'Arcachon forme "une île inversée”, marquée par un renouvellement faible de l'eau, relativement à des zones pleinement océaniques qui bénéficient elles de courants plus forts et donc d'un renouvellement plus rapide. De plus, la zone se trouve à l’arrivée d’un bassin versant très vaste, multipliant ainsi les sources de pollution possibles dans la lagune. “Le Bassin d’Arcachon est l’exutoire d’un bassin versant de plusieurs centaines de kilomètres carrés qui dépasse largement ses limites”, comme nous l’explique Sabine Jeandenand, Directrice générale des services (DGS) du Syndicat intercommunal du Bassin d'Arcachon.

Action locale centralisée

La structure intercommunale, qui fédère les 12 communes riveraines du Bassin d'Arcachon, cumule à ce titre différentes compétences déléguées par lesdites communes, au service de la protection de la ressource en eau dans le bassin :

  • Collecte et traitement des eaux usées (avec 5 stations d'épuration, 1 200 km de réseau, 7 bassins de sécurité et plus de 450 postes de refoulement en gestion)
  • Gestion des eaux pluviales (et donc des ouvrages de collecte, transport, stockage traitement et rejet des eaux pluviales urbaines des 12 communes du SIBA)
  • Sécurisation, balisage, dragage et réensablage du bassin, pour faciliter et tout simplement rendre possible les activités humaines dans la baie
  • Animation d'un réseau de surveillance et de suivi des micropolluants, macropolluants, et micro-organismes (voir encadré ci-dessous)
  • Prévention des inondations

Sur ces sujets et les sujets liés, les agents du SIBA mènent des études, assurent la gestion et l'entretien des ouvrages, commandent des travaux et en assurent la maîtrise d'ouvrage. Pour élargir encore l'impact de ses actions, le Syndicat anime ses partenaires publics et privés, aux niveaux local et régional, avec le soutien de l'agence de l'eau Adour-Garonne.

REMPAR, une barrière de connaissances pour faire évoluer les pratiques

Sous l’impulsion des conchyliculteurs, s’inquiétant de la qualité des eaux dans le Bassin, un réseau de surveillance a vu le jour en 2010 pour suivre et évaluer l’impact des pollutions phytosanitaires dans le Bassin d’Arcachon. Porté par le SIBA, le RÉseau MicroPolluants du Bassin d'ARcachon (REMPAR) a ensuite vu ses compétences élargies à l’ensemble des micro-polluants. En permanence, grâce à des balises de suivi présentes dans toute la lagune, plus d’une centaine de molécules sont ainsi analysées. On mesure ici bien sûr les variations quantitatives en différents points du Bassin d’Arcachon, mais aussi les effets cumulés de ces micro-polluants, ou encore l’impact des conditions atmosphériques sur ces derniers. Un travail d’analyse très fin et innovant, reconnu au-delà du territoire du Bassin d'Arcachon. Et au-delà de cette précieuse accumulation de connaissances, l’idée est bien évidemment de permettre une prise de décision plus éclairée. Car les résultats de REMPAR sont ensuite rapportés et discutés dans les instances pertinentes, pour créer du dialogue entre les acteurs du Bassin, et enfin - et surtout - agir pour préserver la qualité de la ressource en eau, à travers des évolutions de pratiques professionnelles ou des actions de sensibilisation.

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